Archive

Posts Tagged ‘Corruption’

9 décembre 2012: Texte de Marie-Christine Lemieux-Couture

10 décembre 2012 1 commentaire

La corruption n’est pas un aléa du pouvoir, elle en est un symptôme

mclc9 décembre 2012 18h05 · Marie-Christine Lemieux-Couture

Il est de bon ton, chez les bien-pensants, de s’imaginer que le gouvernement est l’expression institutionnalisée du droit commun et de la vox populi. Que sans cette raison suprême, ce serait le règne du désordre ; que sans cette digue de justice sociale, le pauvre peuple serait dévoré par les tout-puissants ; que sans cet emblème de l’équité, nos droits et libertés seraient ensevelis six pieds sous la tyrannie. Pour les partisans du principe d’autorité, le gouvernement est une instance modératrice sans laquelle la majorité serait forcée de se plier aux intérêts d’une poignée d’individus. Il s’agit d’entretenir l’illusion selon laquelle l’égalité entre les êtres humains n’est possible que si elle est forcée par un pouvoir qui leur est supérieur. Et cette façade de bonne volonté que représente une telle conception de ce qu’est un gouvernement est largement profitable à la minorité qui se cache derrière pour opprimer le peuple. Mais si, vraiment, la société n’est constituée que d’individus en lutte — au point où il faut une instance supérieure qui réglemente les rapports entre eux afin d’éviter qu’il n’y ait que le plus fort qui l’emporte —, alors cette instance, tenue elle-même par des individus qui sont, par définition, eux aussi en lutte, ne peut servir qu’à conforter le pouvoir des plus forts.

C’est à l’ombre du gouvernement que se constitue la classe dominante et c’est par son bras qu’elle assure la pérennité de son oppression et la conservation des moyens de production. Aussi, il n’y a rien d’étonnant à constater la proximité entre le gouvernement et la classe dominante : d’anciens députés, ministre ou premier ministre siègent à la tête de lobbys, de cartels du capitalisme, de firmes de propagandeux, de médias faiseux d’opinions publiques ou d’avocats en charge de défendre leurs crimes contre l’humanité. Des riches au gouvernement, il n’y a qu’une porte tournante. Le gouvernement est fabriqué par la classe dominante pour la classe dominante, et tous les moyens sont bons pour que n’accèdent au pouvoir que ceux qui servent ses intérêts et qui renforcent son pouvoir.

Quand un gouvernement concède des droits au peuple, qu’il lui « offre » un service ou une enquête publique par exemple, ce n’est que dans le but ultime de conserver ses privilèges et la domination de sa classe sur l’ensemble de la société. Il en va ainsi du droit de vote qui se limite à donner l’illusion au peuple de choisir qui le dirige en oubliant qu’il est dirigé et qu’il n’est pas nécessaire qu’il le soit. Ce droit de vote, ce n’est rien de plus que l’acte de transmettre à un étranger le pouvoir de gérer notre bien commun, de faire des lois qui le protège et protège la classe dominante à notre détriment, d’élaborer des plans d’austérité qui nous privent de nos moyens de subsistance au profit des riches ou d’utiliser la force quand il lui faut réprimer notre grogne à son égard ou à l’égard des mieux nantis. Le droit de voter lors d’une élection permet d’utiliser notre être-ensemble pour justifier des décisions contre lesquelles, autrement, on se révolterait.

Ce même gouvernement, armé de ses chiens de garde du PR et des médias, n’a de cesse d’associer l’anarchie au chaos et à la violence. De fait, il ne peut pas laisser la société vouloir s’autogérer ni s’émanciper de son pouvoir, car l’élite capitaliste et lui perdraient tous les moyens d’exploiter les masses et de tirer profits à ce que nous crevions de faim. Nous pourrions trop aisément comprendre que non seulement nous n’avons pas besoin d’être gouverné, mais que le gouvernement est la source même de la corruption. Que le progrès ne vient pas de la hiérarchie, mais de la coopération. Que le partage a beaucoup plus de sens que la propriété privée. Que nos richesses nous appartiennent collectivement, et non, individuellement. Si nous conservions chacun notre pouvoir et exercions notre droit de vote sur l’ensemble des décisions à prendre pour nous, nous représenterions une force de frappe bien plus grande contre les manigances d’une minorité qui cherche à nous réduire à l’esclavagisme à son seul profit.

Il n’y a aucune raison pour laquelle il y aurait une élite, qui possède toutes les richesses, et des soumis, qui ne possèdent d’autres possibilités que celle d’être son bétail. Il n’y a aucune raison pour laquelle la société devrait être basée sur la loi du plus fort, la performance et la compétitivité plutôt que l’entraide, la collaboration et la solidarité. Il n’y a aucune raison pour laquelle certains vivraient dans l’opulence pendant que d’autres meurent de froid. Il n’y a aucune raison à une organisation inégalitaire du social légiféré par un gouvernement, sauf celle de maintenir un ordre social selon lequel les vainqueurs peuvent jouir de leur victoire en étant certains que nous restons des perdants.

*Discours prononcé le 9 décembre 2012, lors de la manifestation organisée par le Mouvement du 24 septembre dans le cadre de la Journée Mondiale des Nations Unies contre la corruption.

Blogue de MCLC sur Voir.ca

Photo: Mathieu Breton

Publicités

9 décembre 2012: Texte d’Alexandre Leduc

10 décembre 2012 1 commentaire

Discours à la Journée internationale de lutte contre la corruption

alex leducAujourd’hui, je livrais un discours à la Journée internationale de lutte contre la corruption. Le voici. Vous pouvez signer la pétition en ligne ici.

Journée internationale de lutte contre la corruption

Vous savez, quand on ne s’occupe pas de la politique, c’est la politique qui s’occupe de nous. La lutte à la corruption, ça passe aussi par l’action citoyenne, par des journées comme celle-ci, où des groupes citoyens se mettent en marche pour réclamer ce que tout peuple est en droit de s’attendre de ses représentants politique : honnêteté, écoute et transparence.

Parfois, on entend que la corruption serait un problème du tiers-monde. Quelque chose qui se passe ailleurs, pas chez nous. Lorsqu’on discute de voyage avec la famille ou entre amis, on se dit allègrement que c’était ben corrompu en Afrique, que c’était donc ben corrompu en Amérique latine, en Asie du Sud-est, etc.

Pourtant, notre propre histoire recèle de plusieurs scandales de corruption. Malheureusement, bien que le Québec soit une société distincte, il semble que nous ne soyons pas si distincts des autres nations à ce chapitre…

Que ce soit en 1872, lorsque les conservateurs de John A. Macdonald avaient financé leur campagne avec l’argent sale des entreprises de chemin de fer, en 1891 avec Honoré Mercier, encore avec l’argent sale des entreprises de chemin de fer, Duplessis avec le scandale du gaz naturel et tant d’autres, les multiples abus de l’administration Mulroney, le scandale d’Oxygène 9 du temps du gouvernement péquiste de Lucien Bouchard, les scandales des commandites. etc, etc, etc.

Les 3 dernières années nous ont ramenés à la triste réalité. Oui, au Québec en 2012, il y a encore de la corruption. Si vous avez suivi les moments forts de la commission Charbonneau, commission que nous avons revendiquée pendant plus d’un an, vous devez être aussi abasourdi que moi de voir à quel point une partie de l’élite économique de Montréal et du Québec se croit tout permit. À quel point c’était rendu banal il y a à peine quelques mois, d’offrir des pots de vin à de hauts fonctionnaires ou à des politiciens.

Par contre, au Québec. Il nous reste encore des outils pour lutter contre la corruption. Le premier est le journalisme d’enquête. Il est peut-être en voie de disparition, mais il existe encore et sa contribution à la lutte à la corruption est énorme. Nous devons reconnaître le rôle fondamental d’une presse libre dans une société démocratique comme la nôtre.

Le second outil est une fonction publique forte et syndiquée. Les pays du monde les plus corrompus sont ceux où il n’y a presque pas de fonction publique. C’est une corrélation très forte. Le rapport Duchesneau ne disait-il pas que c’est lorsque le gouvernement Charest a coupé le nombre d’inspecteur au ministère des Transports que la situation s’est détériorée?

C’est une chose d’avoir une fonction publique, encore faut-il qu’elle soit bien payée. Ainsi, on évite de mettre les individus en situation de besoin où ils peuvent plus facilement se faire corrompre. Au Québec, la syndicalisation de la fonction publique dans les années 1960 s’est faite dans le cadre d’une campagne de lutte à la corruption. Le Québec sortait de 15 ans de Duplessisme et il fallait faire le ménage de l’État québécois.

En ce sens, à l’avenir, lorsqu’un parti ou un gouvernement vous proposera de couper dans la fonction publique, interrogez-vous quant à leurs véritables motifs.

C’est pour ces raisons et bien d’autres qu’il nous fait plaisir à Québec solidaire de parrainer la pétition en ligne du Mouvement du 24 septembre. Elle se trouvera bientôt sur le site de l’Assemblée nationale et ce sera la première pétition parrainée, ou devrais-je dire, «marrainée» par notre nouvelle députée Françoise David.

Je vous souhaite une bonne journée, et je nous souhaite pour 2013, un Québec libre…de corruption.

Alexandre Leduc

ex-candidat de QS dans Hochelaga-Maisonneuve

Blogue d’Alexandre Leduc

Photo: Mathieu Breton

Novembre: mois international de la démission des maires corrompus

6 novembre 2012 Laisser un commentaire

20121028-161438.jpg

Le Mouvement du 24 septembre
est en marche!

Nous décrétons que novembre est le mois international de la démission des maires corrompus.

De plus en plus isolé, le maire Tremblay vient de remettre sa démission avant le maire Vaillancourt pourtant ciblé par l’UPAC.

Nous devons poursuivre la mobilisation pour faire de ce mois de novembre le mois international de la démission de tous les maires corrompus !

Toutefois, si la démission des maires entachés par les allégations de corruption est nécessaire, le problème reste entier.

Nous souhaitons voir un changement de système et non d’individus. À Montréal, le conseil exécutif reste en poste, les élus d’Union Montréal qui ont la majorité décideront de la succession du maire qui restera en poste jusqu’aux élections municipales de 2013.

La démission du maire Tremblay ne doit pas faire figure de diversion sur les véritables enjeux. Notamment, un nouveau budget qu’il soit défendu par le président du conseil exécutif, monsieur Applebaum ou par tout autre membre de l’administration Tremblay  ne deviendra soudainement pas plus légitime. Nous continuons donc à inciter les membres d’Union Montréal à se dissocier d’un parti entaché par les allégations de corruption, comme l’a fait monsieur Frantz Benjamin en quittant Union Montréal.

Et, nous vous invitons à investir massivement les instances décisionnelles de vos municipalités et poser des questions aux élus et au conseil exécutif de vos villes respectives.

Ce soir, 6 novembre 2012, nous serons au conseil d’arrondissement de Ville-Marie:

http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=7317%2C79849629&_dad=portal&_schema=PORTAL

Le 12 novembre 2012
Mascouche: http://ville.mascouche.qc.ca/seances-conseil.php?categorie=proces-verbaux

Le 5 novembre, c’était à Laval. « C’est à ton tour Vaillancourt« , article du journal Le Devoir. Bravo aux citoyens qui se sont mobilisés.

Continuons de prendre la parole, de questionner et d’exiger l’imputabilité.

Ça va faire !!!